La bataille qui s’annonce, et la guerre pour « la paix » qui va s’en suivre.

Par delà les discours triomphalistes, une véritable analyse de la situation en Irak que nous propose le Colonel Goya ici, alors que la bataille pour Mossoul vient de débuter : Analyse du Colonel Goya.
 
Le billet du Colonel Goya aborde principalement l’aspect conventionnel du conflit contre l’EI. Mais il a l’intelligence de rappeler le risque du retour en guerre insurrectionnelle après une perte territoriale quasi-totale pour l’EI. En poursuivant sur le contexte de guérilla, les phénomènes à prévoir décrits par le Colonel Goya sont déjà observés dans certaines zones reconquises.
 
Des cellules clandestines de l’EI procèdent à des opérations de guérilla notamment dans la province de Diyala. La situation est vraiment particulière dans cette province où les unités de l’armées (notamment la 5ème Division) répondent au commandement des milices (Hashd Ash-Saabi). De nombreuses exactions envers les populations majoritairement sunnites ont été commises par les forces de sécurité. Et c’est dans ce contexte que l’EI vient se placer en « défenseur » des populations et a recours à des techniques de harcèlement contre le forces de sécurité.
 
Ces harcèlements prennent la forme de DEI (Dispositifs Explosifs Improvisés – les fameuses IED), visant des convois, des patrouilles voire même pouvant cibler des personnalités. Des tirs de sniper, s’attaquant principalement à des positions des forces de sécurités ou encore des barrages. Des opérations d’assassinat de responsables, pour la plupart filmés, afin de produire un double effet : à la fois purement militaire (en éliminant des responsables de milices/gouvernementaux) et psychologique (en filmant les exécutions pour susciter la peur).
La capitale, Bagdad, quant à elle est toujours la cible de nombreux attentats à la bombe. Quasi-quotidiens, ils viennent prouver que la chute de Falloujah n’a pas vraiment réduit la pression sur la capitale et que cette dernière est toujours vulnérable aux attentats. Cette réalité met à mal le discours du gouvernement irakien qui avait tant communiqué sur une opération de conquête rapide de Falloujah afin de protéger Bagdad des attentats. Le problème est visiblement ailleurs, et un nombre grandissant d’irakien pointe la corruption et l’inefficacité des services comme de véritables facteurs pénalisants pour la sécurité de la capitale.
 
La province d’Anbar plus militarisée, fait face à un contexte différent où les djihadistes, se déplaçant plus ou moins librement dans le désert, vont monter des attaques contre des positions fortifiées des forces de sécurité. Ces raids débutent souvent par des attaques kamikazes contre les fortifications juste avant l’assaut principal. Les environs de Hit, Routba, Haditha et Ramadi sont les plus touchés par ces raids djihadistes. Alors que l’armée américaine s’était beaucoup appuyée sur les milices sunnites pour reconquérir la province d’Anbar en 2007 et 2008, ces dernières sont depuis fortement affaiblies.
 
Pour l’heure, les milices sunnites restantes sont incapables de se défendre par elles-mêmes contre des attaques de l’EI et sont tributaires du bon vouloir du gouvernement irakien pour un soutien éventuel. De plus, les djihadistes prennent soin d’éliminer toute opposition sunnite susceptible de leur résister. Ils leur suffit d’appliquer le manuel de stratégie employé à partir de 2011 pour réduire toute concurrence sunnite.
 
Après autant d’efforts de guerre et un coût de reconstruction qui s’annonce exorbitant, il faudra se poser la question de la viabilité des options sécuritaires actuelles. La prise de Ramadi a montré une sur-dépendance à la puissance aérienne alors que l’adversaire disposait tout au plus d’une poignée de char quant à ses moyens les plus lourds dans la bataille. Actuellement 80% de la ville de Ramadi est détruite, majoritairement par l’action des frappes et par les multiples attentats suicides des djihadistes dans une moindre mesure. Il serait bon de rappeler l’expérience de Falloujah, rasée à 50% en 2004 après une action militaire intense de l’armée américaine, qui repassa sous le contrôle des organisations djihadistes en 2006…
 
Par sa capacité a retourner rapidement à l’action de guérilla, le dernier avatar djihadiste en Irak montre une fois de plus que les schémas actuels de lutte anti-terroriste sont totalement inadaptés dans le pays. De plus, la coalition internationale semble avoir totalement éludé ces aspects pourtant critiques pour assurer la paix après la fin des opérations majeures de guerre conventionnelle. Et ce n’est pas l’EI qui va supporter les coûts de reconstruction, l’assistance humanitaire et la résolution des conflits politiques ancrés mais bien le gouvernement irakien et la communauté internationale.

Communiqué

J’ai nommé hier après-midi @paffi_lilo comme porte-parole sur Twitter.

La lutte continue, beaucoup de gens continuent à m’apporter leur soutien face à cette injustice. Je le répète encore une fois, je ne suis pas là pour céder à quelque chantage que ce soit, je me considère dans mon droit  d’informer les gens et d’exprimer mon opinion sur la lutte anti-terroriste.

La solution de créer un second compte m’a été proposée plusieurs fois, c’est une solution, mais ce n’est pas la bonne et elle n’est pas à l’ordre du jour.

Créer un compte serait une capitulation devant un système de censure arbitraire et sans véritable contrôle. Je ne compte pas capituler devant un système défaillant. Je ne suis pas un djihadiste qui créé un compte une fois avoir terminé sa mission précédente de propagation de propagande pour en commencer une autre. Ma mission est ici d’informer les gens et de proposer des analyses.

Je suis entrain de contacter plusieurs journalistes afin de donner une voix encore plus forte à ma soif de justice, de liberté et d’égalité. D’autres recours encore plus contraignants pourraient être envisagés si Twitter ne répond pas à mes appels.

 

Je refuse

Je refuse de céder à la censure, à la négation de ma liberté d’expression car elle ne plait pas à quelques propagandistes sectaires. Je refuse de me taire face aux meurtres, aux viols, aux tortures, à l’oppression des plus faibles et des gens incapables de se défendre. Je refuse d’être tu sur les gens qui sont tu par des milices sectaires pour rapporter leurs atrocités.

Je refuse d’être tu dans ma dénonciation des terrorismes prétendant combattre le « terrorisme ».

Car il s’agit de ce combat, celui qui doit nous libérer de la peur, de la peur de l’autre, de la peur de pouvoir s’exprimer librement, de la peur qui nous divise. Ce terrorisme permanent, qui s’alimente de lui même. Nous pouvons avoir peur, mais cela ne nous empêchera pas de vivre, de s’exprimer, de discuter de tout, y compris du terrorisme sans peur panique. Car l’ennemi nous observe, il nous vois entrain de nous agiter, de donner des coups dans le vent, de chercher des nouvelles rassurantes.

Mais pourquoi avons-nous donc peur ? Dans la psychologie humaine, la peur noir est en fait la projection de la peur de l’être humain dans un espace inconnu. Il faut se l’avouer, nous connaissons mal notre adversaire, et il nous connait en apparence mieux que nous ne le pensions. C’est dans cette optique qu’il faut rassembler les intellects, réfléchir froidement (même si cela est difficile), étudier, évaluer, sans arrière pensée aucune.

Je peux vous dire ce soir, que je ne céderai pas, je réclamerai de plein droit ma place. Pour vous fournir, dans la limite de mes capacités physiques et intellectuelles, comment est l’ennemi.

 

Wilaya Sinai

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History

Sinai is the peninsula linking up both African and Asian continents. This is also a place steeped in history, therefore pointless to tell you the Moses, prophet of all three great abrahamic religions, and Jewish people’s (children of Israel for muslims) crossing in this mountainous place. On the other hand, it would be much more interesting to go back to the recent history of Sinai and particularly interaction between Palestine, Israel and Egypt, because this is the key allowing us to grasp current situation.

An excellent article of Orient XXI recounts the spreading of jihad in Sinai, first against Israel and in favor of a Palestinian State, and finally to opt for Tawhid ideology in the strictest sense whose Islamic State claims loud and clear.

It is therefore during the month of November, 2014 that Ansar Bait Al Maqdis group (Helpers of Jerusalem) proclaim allegiance in great majority to the Islamic State through an audio statement. To this occasion, the group releases a video recounting every actions carried out by the group (clashes, bypass shootings, mortar bombing, IED against military convoys). This video ends with a long sequence staging a suicide attack and then assault of an Egyptian Army post located close to Sheikh Zuweid, killing 30 Egyptian soldiers.

Following this allegiance, the new Wilaya Sinai still carries on its security forces destabilization operations, taking same action patterns back, suicide attacks, targeted attacks, assassinations, IED’s. Those kind of action keep going from the allegiance until July, 1st 2015. At this time, IS is leading a simultaneous offensive on fifteen Egyptian Army positions and manage to penetrate temporarily in the city of Sheikh Zuweid. The hours long battle claims the life of 74 soldiers, and a hundred jihadists according to official sources and force Egyptian government to use its aviation to repel jihadists.

Attacks and expansion

Those attacks of various nature occurs every 5 days on average since the tension build-up after the ouster of president Morsi, with respite periods of up to 1 month. Since the pledge of allegiance, the cycle of major attacks (attack causing more than 10 deaths) is approximately of 3 months; this shows a meticulous preparation from the Wilaya to inflict as much damage as possible on Egyptian Forces. This tempo also shows a certain determination from jihadists’ side.

SinaiCasualties
Also 3 judges are counted, killed on May, 18th 2015

While most of the attacks were done with relatively light weapons, IS in Sinai procured itself with several heavy armament and most notably Kornet anti-tank missiles (NATO code : AT-14 Spriggan) and Igla-S man portable anti-aircraft missiles (NATO code : SA-24 Grinch). These weapons, relatively new, come from Libya and cross the Egyptian desert all the way to Alexandria, then go to Sinai and reach Gaza for a part of them; they also come from neighbor Sudan or even from Jordan.

Chemins empruntés par les trafiquants d'armes pour alimenter le Sinaï et Gaza.
Routes used by arms smugglers to feed Sinai and Gaza.

Since Summer 2015, IS is increasingly relying on these weapons to attack Egyptian Army, most notably its armor (M-60 tanks and M-113 APC’s), but also its rotary-wing aircrafts (AH-64 Apache).

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Kornet Missile shot against an Egyptian Navy patrol boat
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Kornet Missile shot against an Egyptian Navy patrol boat
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Kornet Missile shot against an Egyptian Army M-60
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Kornet Missile shot against an Egyptian Army M-60
Tir d'un Missile Igla-S contre un Apache de l'Armée Égyptienne
Igla-S missile shot against an Egyptian Army Apache helicopter
Tir d'un Missile Igla-S contre un Apache de l'Armée Égyptienne
Igla-S missile shot against an Egyptian Army Apache helicopter

In the beginning of year 2015, IS was mostly confined to desert areas, progressively, it established itself in villages close to both Sheikh Zuweid and Al Arish cities. In the video « The Harvest of the Soldiers » released on September, 1st 2015, IS shows its convoys parading freely, with locals showing sign of sympathies towards them. In response to the video, Egyptian High Command launched operation « Martyrs’ Rigths » aimed at eliminating IS presence in the area.

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screenshots of « Harvest of the Soldiers » video showing IS convoys parading in inhabited area

Checkpoints installed in inhabited areas

These last days, IS targets local higher staff of Egyptian government: in this way, two generals were assassinated by armed gunmen. This is not the first time that the organization targets such leaders: under the banner of Ansar Bait Al Maqdis, a General attached to the Ministry of Interior and a Lieutenant-Colonel of anti-terror forces were killed by the group; the Minister of Interior, as for him, narrowly escaped a bomb attack. Tribal leaders cooperating with the government are also targeted by an assassination campaign (1)(2).

These assassinations occurs in the middle of an anti-terrorist campaign, portraying a government unable to contain the phenomenon. While the end of the operation was announced on September, 22nd 2015, IS was still able to carry out attacks. From dissident sources, attacks targeted Al Arish and Az-Zohour military base just south of Sheikh Zuweid a few hours after Egyptian High Command statement.

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Islamic State statement claiming the assassination of General Khaled Osman.
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Islamic State statement claiming the assassination of General Ahmed Askar.

Media War

In this conflict, communication also takes an important part: government tries to portrays action of the group like a conspiracy of foreign origin or made by Palestinians. As a retaliation, IS emphasizes reinforced cooperation between Egypt and Israel, the latter being very unpopular in the Arab World.

Capture d'écran d'une vidéo de propagande de l'EI au Sinaï soulignant la coopération sécuritaire entre Israël et l'Égypte.
Screenshot of an IS propaganda video outlining the cooperation between Israel and Egypt.

To face the rise in intensity of attacks on the media battleground, the armed forces command retaliates with statements announcing large casualties in enemy’s ranks. Unfortunately, lacking independent sources, those figures are difficult to verify and some journalists suspects that civilians death are counted as terrorist casualties; moreover, the consistency of numbers rises doubts while comparing announced casualties and the real size of the organization in Sinai. Since September,1st, launch date of « Martyrs’ Rights » operation, almost 421 terrorists were announced killed, previous figures are:

  • January – March : 333,
  • April – June : 187,
  • July : 320,
  • August : 1.

This makes a total of 1262 death in enemy’s ranks; but attacks didn’t backed down like the previous graph shows, moreover the group continues to expend its influence on the Al Arish-Rafah area.

Worse, since 1st, July, there are almost no civilian present anymore in casualties figures, some dissident sources contradicts official ones on civilian casualties of the Sinai insurgency. Relations between locals and security forces deteriorated harder with the numerous attempts at closing tunnels between Gaza and Egypt, hundreds of houses were destroyed to establish a buffer zone, with ridiculous compensations ( a few hundred dollars per home). Recently, the Egyptian government decided to flood the area to destroy tunnels, with disastrous consequences on the environment and border constructions in Gaza. These recent actions are coming along with an already tense situation between Bedouins, feeling excluded and government, deaf to people’s grievances.

Security forces are also accused of having committed abuses towards locals, in the first video of Wilaya Sinai, a sequence shows Egyptian soldiers beating Bedouins (they were arrested for curfew violation in Al Arish, they were found dead later); this sequence is used as a justification for the execution of an Egyptian soldier.

example of an Egyptian government official video dated September, 22nd 2015, we can see great troops deployments, no fightings, a few vehicles destroyed, a few supposed terrorists dead.

Government also strengthened laws targeting dissenting voices during the month of July as part of anti-terror draft law. In fact, any journalist contesting official version of the government will be prosecuted and penalties are heavy (2 years in jail minimum). This repression of press freedom has for consequence to offer an unexpected loudspeaker for Islamic State in Sinai who will be almost the only other influential group able to offer another version of Sinai events.

Gaza, the neighbor in trouble

While both the Egyptian and Israeli blockade maintain an ever growing pressure on Gaza Strip, salafists, already cracked down for years are rebelling against Hamas. This Islam branch benefits of the growing unpopularity of Hamas, accused of corruption and power-grabbing, to destabilize Hamas government by attacking Israel to force Tsahal to retaliate militarily against Hamas. The connection with Sinai jihadists takes places because some salafist leaders took refuge in Sinai and may lead operations from the here.

A strategy shift is also to be highlighted: while attacks of Ansar Bait Al Maqdis were also targeting other parts of Sinai, since allegiance to Islamic State, attacks focused on the region between Al-Arish and Rafah. This shift is not insignificant, this is the area bordering Gaza Strip.

SinaiPerimeter

Prospects

Attack patterns, techniques employed, the ever growing harassment against security forces, public figures assassinations, the progressive takeover of terrain and sympathy won in the eyes of the local population, are very similar to events that occured in Anbar between end of 2013 and Spring 2014. Intensity of attacks is getting bigger, IS is using heavy weaponry and IED to counter enemy armor, just like in Anbar while facing Iraqi forces. Numbers of assassinations to cut off the head of command and administration structure are rising. If we pick up the history of previous attacks, there is a high probability that Wilaya Sinai is prepairing large scale attacks in the coming weeks and most probably during the month of October, if we follow the logic of 3-month pauses observed since almost 1 year.

The ultimate goal would be to end presence of Egyptian Army on Gaza border and break blockade in force since years. Once this operation done, IS will be able to slip into Gaza and put in place a local government as well as forward operating base to pursue future expansion activities in Sinai and in the rest of Egypt is the objective is fulfilled.

The symbolic of this potential event will have great media repercussions. Until then, Gaza is isolated and under blockade, the population lives through harsh imposed  restrictions, accentuated by Hamas misappropriations. A break of this blockade could lead to rush of sympathy for the Islamic State, where Turkey, Hamas, Iran and Gulf countries failed. IS would assert itself as a major political actor of the region where it remains in great minority despite its expansion.

A total loss of control from the Egyptian government could foster imitators in neighbor countries, notably in Sudan, its current governance suffers contradictions between a supported strict Islam and a need to maintain equilibrium to not be overwhelmed by salafists. Instability lies in wait for the country and the gap is widening between powerful Janjaweed and government, Sudanese are leaving in groups to join Islamic State in Libya, Sinai or Syria, all those parameters are coming along with a bad economic situation in the country, also stricken by the oil glut.

Instability could also reach Jordan already weakened by refugee crisis and Syrian civil war, where sovereign is seen as more and more powerless despite its media stunts. In the city of Ma’an in the southern country, IS is already very popular and the situation with security forces is very tense. The installation of a jihadist territory next to the southern part of the country would weaken it even more, already very anxious of the Islamic State presence on its northern border.

Lacking improvement of the situation, this is potentially a strategic region that would potentially fall into the hands of IS. We have to keep in mind that we haven’t reached yet the next stage but red lights are popping-up for Egyptian government. If the latter is not changing its policies to improve political situation, next attempts to contain the phenomenon will be pointless.

Wilaya Sinaï – ولاية سيناء

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Historique

Le Sinaï est la péninsule reliant le continent Africain au continent asiatique, c’est également un lieu chargé d’histoire, inutile donc de vous raconter celle de la traversée de Moïse et du peuple Juif (enfants d’Israël pour les musulmans) en ce lieu montagneux, prophète des 3 grandes religions abrahamiques. En revanche, il est plus intéressant de revenir sur l’histoire récente du Sinaï et notamment de l’interaction avec la Palestine, Israël et l’Égypte, car c’est l’une des clés permettant de comprendre la situation actuelle.

Un excellent article d’orient XXI retrace l’imprégnation du djihad au Sinaï, d’abord contre Israël et en faveur d’un État palestinien, pour finir par se tourner vers l’idéologie du Tawhid au sens le plus strict dont l’État Islamique se revendique haut et fort.

C’est donc au cours du mois de Novembre 2014 que le groupe Ansar Beit Al Maqdis (Les partisans de Jérusalem) prête allégeance en grande majorité à l’État Islamique via un communiqué audio. À cette occasion, le groupe publie une vidéo retraçant toutes les actions menées par le groupe (accrochages, bypass shooting, pilonnage au mortier, IED contre les convois militaires). Cette vidéo se termine par une longue séquence mettant en scène un attentat suicide puis l’assaut d’une position de l’armée égyptienne située à proximité de Cheikh Zuweid, tuant au total 30 soldats égyptiens.

À la suite de cette allégeance, la nouvelle Wilaya Sinaï continue ses opérations de déstabilisation des forces de sécurité, en reprenant les mêmes schémas d’actions, attentats suicides, attaques ciblées, assassinats, IED. Ce type d’actions se poursuit de l’allégeance jusqu’au 1er Juillet 2015. À cette date, l’EI mène une offensive simultanée sur une quinzaine de positions de l’armée égyptienne et parvient à s’introduire temporairement dans la ville de Cheikh Zuweid. La bataille de plusieurs heures coûte la vie à près de 74 soldats et 100 djihadistes selon les chiffres officiels et force le gouvernement égyptien à utiliser son aviation pour repousser les djihadistes.

Attaques et expansion

Ces attaques de nature variées ont lieu en moyenne tous les 5 jours depuis la remontée des tensions suite à la chute de du président Morsi, avec des périodes d’accalmie pouvant durer 1 mois. Depuis la déclaration d’allégeance, le cycle des attaques majeures (attaque causant la mort de plus de 10 personnes) est d’environ 3 mois; cela montre une préparation minutieuse de la part de la Wilaya pour faire le maximum de dégâts dans les forces égyptiennes. Ce tempo montre également une détermination certaine de la part des djihadistes.

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Pertes des forces de sécurité, policiers et militaires (également 3 juges sont comptabilisés, tués le 16 mai 2015 )

Alors que la plupart des attaques s’effectuaient avec des armes relativement légères, l’EI au Sinaï s’est procuré plusieurs armements lourds et notamment des missiles antichar Kornet (Code OTAN : AT-14 Spriggan) et des missiles antiaériens portables Igla-S (Code OTAN : SA-24 Grinch). Ces armes, très récentes, proviennent de Libye et traversent le désert égyptien jusqu’en Alexandrie, puis partent vers le Sinaï et vont jusqu’à Gaza pour une partie d’entre elles; elles viennent également du Soudan voisin ou même de Jordanie.

Chemins empruntés par les trafiquants d'armes pour alimenter le Sinaï et Gaza.
Chemins empruntés par les trafiquants d’armes pour alimenter le Sinaï et Gaza.

Depuis l’Été 2015, celui-ci a de plus en plus recours à ces armes pour attaquer l’armée égyptienne, notamment ses blindés (chars M-60 et VTT M-113), mais également ses voilures tournantes (AH-64 Apache).

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Tir d’un Missile Kornet contre un patrouilleur de la Marine égyptienne
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Tir d’un Missile Kornet contre un patrouilleur de la Marine égyptienne
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Tir d’un Missile Kornet contre un char M-60 de l’Armée égyptienne
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Tir d’un Missile Kornet contre un char M-60 de l’Armée égyptienne
Tir d'un Missile Igla-S contre un Apache de l'Armée Égyptienne
Tir d’un Missile Igla-S contre un Apache de l’Armée égyptienne
Tir d'un Missile Igla-S contre un Apache de l'Armée Égyptienne
Tir d’un Missile Igla-S contre un Apache de l’Armée égyptienne

Au début de l’année 2015 l’EI était surtout cantonné aux zones désertiques, celui-ci s’est d’avantage implanté dans les villages situés à proximité des villes de Cheikh Zuweid et Al-Arish. Dans la vidéo « La récolte des soldats » sortie le 1er Septembre 2015, l’EI montre ses convois de pick-up y défiler librement, la population montrant des signes de sympathie à leur égard. En réponse à la diffusion de la vidéo, l’État Major égyptien déclenche l’opération « Droits des Martyrs » visant à éliminer la présence de l’EI dans la zone.

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captures d’écran de la vidéo « La récolte des soldats » montrant les convois de l’EI défiler dans les zones habitées.

Checkpoints installés dans les zones habitées.

Depuis quelque jours, l’EI vise les hauts responsables locaux du gouvernement égyptien: ainsi, deux généraux ont été assassinés par des commandos armés. Ce n’est pas la première fois que l’organisation vise de tels responsables: sous la banière d’Ansar Bait Al-Maqdis, un général attaché au Ministère de l’intérieur et un Lieutenant-Colonel des forces antiterroristes avaient été tués par le groupe; le Ministre de l’Intérieur avait quant à lui échappé de peu à un attentat à la bombe. Les leaders tribaux coopérant avec le gouvernement sont également visés par une campagne d’assassinats ciblés (1)(2).

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Revendication de l’assassinat du Général de Brigade Khaled Osman par la Wilaya Sinaï
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Revendication de l’assassinat du Général de Brigade Ahmed Askar par la Wilaya Sinaï

Ces assassinats interviennent en pleine campagne antiterroriste, donnant l’image d’un gouvernement égyptien incapable d’endiguer le phénomène. Alors que la fin de l’opération a été annoncée le 22 Septembre 2015, l’EI était toujours en mesure de mener des attaques. De sources dissidentes, des attaques ont ciblé Al-Arish et la base militaire d’Az-Zohour au sud de Cheikh Zuweid quelques heures après la déclaration de l’État-Major égyptien.

Guerre des communiqués

Dans ce conflit, la communication prend également une part importante: le gouvernement tente de peindre l’action du groupe comme un complot venant de l’étranger ou des Palestiniens. En riposte, l’EI souligne la coopération renforcée entre l’Égypte et Israël, ce dernier étant très impopulaire dans les pays arabes.

Capture d'écran d'une vidéo de propagande de l'EI au Sinaï soulignant la coopération sécuritaire entre Israël et l'Égypte.
Capture d’écran d’une vidéo de propagande de l’EI au Sinaï soulignant la coopération sécuritaire entre Israël et l’Égypte.

Pour faire médiatiquement face à la montée en intensité des attaques, le commandement des forces armées riposte avec des communiqués annonçant de nombreuses pertes parmi l’adversaire. Malheureusement, en l’absence de sources indépendantes, ces chiffres sont difficiles à vérifier et certains journalistes soupçonnent de compter les pertes civiles dans le nombre de terroristes tués; de plus, la cohérence des chiffres laisse des doutes en comparant les pertes annoncées et la taille réelle de l’organisation au Sinaï. Depuis le 1er Septembre, date de déclenchement de l’opération « Droits des Martyrs », près de 421 terroristes ont été annoncés abattus, les chiffres des terroristes abattus durant les mois précédents sont:

  • Janvier – Mars: 333,
  • Avril – Juin : 187,
  • Juillet : 320,
  • Août : 1.

Ce qui représente un total de 1262 morts dans les rangs adverses; mais les attaques n’ont pas faibli comme le montre le graphique précédent, de plus le groupe continue d’étendre son influence sur la zone entre Al-Arish et Rafah.

Pire encore, depuis le 1er Juillet, plus aucun civil n’apparaît dans le décompte des morts, quelques sources dissidentes viennent contredire les sources officielles sur les victimes civiles de l’insurrection au Sinaï. Les relations entre la population locale et les forces de sécurité se sont davantage dégradées avec les nombreuses tentatives de fermeture des tunnels entre Gaza et l’Égypte, des centaines d’habitations ont été détruites pour établir une zone tampon, avec des compensations dérisoires (quelques centaines de dollars). Récemment, le gouvernement égyptien a décidé d’inonder la zone pour détruire les tunnels, produisant des conséquences désastreuses sur l’environnement et les constructions frontalières à Gaza. Ces actions récentes viennent s’ajouter à un contexte déjà tendu entre les bédouins, se sentant exclus et le gouvernement, sourd aux revendications de la population.

Les forces de sécurité sont également accusées d’avoir commis des exactions envers les populations locales, dans la première vidéo de la Wilaya Sinaï, un extrait vidéo montre des soldats égyptiens battre des bédouins (ils ont été arrêtés pour avoir violé le couvre-feu à Al-Arish, ils seront retrouvés mort plus tard); cet extrait est utilisé pour justifier l’exécution d’un soldat égyptien.

exemple d’une vidéo officielle du gouvernement égyptien datant du 22 Septembre 2015, on y voit un gros déploiement de troupes, pas de combats, quelques véhicules supposés ennemis détruits.

Le gouvernement égyptien a également renforcé ses lois visant à réprimer les voix dissidentes durant le mois de Juillet dans le cadre d’un projet de loi antiterroriste. De fait, tout journaliste contestant la version officielle du gouvernement sera poursuivi et les peines sont lourdes (2 ans de prison minimum). Cette répression de la liberté de presse a pour conséquence d’offrir une tribune inespérée pour l’État Islamique au Sinaï qui sera quasiment le seul autre groupe influent en mesure d’offrir une autre version des événements au Sinaï.

Gaza, le voisin en difficulté

Alors que les blocus égyptiens et israéliens entretiennent une pression de plus en plus grande sur la bande de Gaza, les salafistes, réprimés depuis plusieurs années déjà se rebiffent contre le Hamas. Ce courant profite de l’impopularité grandissante du Hamas, accusé de corruption et de vouloir uniquement le pouvoir, pour déstabiliser de plus en plus le gouvernement du Hamas en attaquant Israël pour forcer Tsahal à répliquer militairement sur le Hamas. La connexion avec les djihadistes du Sinaï s’opère par le fait que certains leaders salafistes seraient sous sa protection et dirigeraient les opérations depuis la région.

Un changement de stratégie est également à noter: alors que les attaques d’Ansar Bait Al Maqdis visaient d’autres parties du Sinaï, depuis l’allégeance à l’État Islamique, les attaques se sont concentrées sur la région allant d’Al-Arish à Rafah. Ce changement n’est pas anodin, c’est la zone directement contiguë avec la bande de Gaza.

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Perspectives

Les schémas d’attaques, les techniques employées, le harcèlement de plus en plus pesant sur les forces de sécurité, les assassinats de notables, la prise de contrôle progressive du terrain et la sympathie gagnée aux yeux de la population, sont très similaires aux événements qui ont eu lieu à Anbar de fin 2013 au printemps 2014. L’intensité des attaques se fait de plus en plus grande, l’EI utilise de l’armement lourd et des explosifs improvisés pour contrer les blindés égyptiens, tout comme à Anbar face aux forces irakiennes. Les assassinats pour décapiter les structures de commandement et d’administration se multiplient. En reprenant l’historique des attaques précédentes, il est fort probable que la Wilaya Sinaï prépare des attaques d’envergure dans les semaines à venir et très probablement durant le mois d’Octobre, si l’on suit la logique des pauses de 3 mois observées depuis presque 1 an.

Le but ultime serait de mettre fin à la présence de l’armée égyptienne aux frontières avec Gaza et briser de fait le blocus en vigueur depuis plusieurs années. Une fois cette opération réalisée, l’EI peut s’introduire dans Gaza et y installer un gouvernement local ainsi qu’une base d’opération avancée afin de poursuivre les activités d’expansion futures au Sinaï et dans le reste de l’Égypte si l’objectif est atteint.

La symbolique de cet événement potentiel aura de grandes répercussions médiatiques. Jusque là, Gaza était isolée et sous embargo, la population vit très sévèrement les restrictions imposées, amplifiées par les détournements opérés par le Hamas. Une rupture de cet embargo pourrait générer un élan de sympathie à l’égard de l’État Islamique, là où la Turquie, le Hamas, l’Iran et les pays du Golfe ont échoué, l’EI s’affirmerait comme un acteur politique de poids dans cette région où il reste très minoritaire malgré son expansion.

Cette perte de contrôle total de la part du gouvernement égyptien pourrait entraîner des émules dans les pays voisins, notamment le Soudan, sa gouvernance actuelle souffre de contradictions vis-à-vis d’un Islam strict encouragé et un besoin de maintenir l’équilibre pour ne pas être débordé par les Salafistes. L’instabilité guette le pays et le fossé se creuse entre les puissants Janjawid et le gouvernement, des Soudanais partent en groupes pour rejoindre l’État Islamique en Libye ou en Syrie, tous ces paramètres viennent s’ajouter à la mauvaise situation économique du pays, également frappée par la baisse des prix du pétrole.

L’instabilité pourrait également gagner la Jordanie déjà fragilisée par la crise des réfugiés et la guerre en Syrie, où le souverain est perçu comme de plus en plus impuissant malgré ses sorties médiatiques. Dans la ville de Ma’an au Sud du pays, l’EI y est très populaire et la situation avec les forces de sécurité y est très tendue. L’installation d’un territoire djihadiste à proximité du Sud du pays fragiliserait encore plus le pays, déjà très inquiet de la présence de l’État Islamique à ses frontières du Nord.

En l’absence d’une amélioration de la situation, c’est potentiellement une région stratégique qui pourrait tomber sous le contrôle de l’EI. Il faut tout de même garder à l’esprit que nous ne sommes pas encore arrivés au stade supérieur mais les indicateurs ne sont pas bons pour le gouvernement égyptien. Si ce dernier ne change pas de cap afin d’améliorer la situation politique, les prochaines tentatives pour endiguer le phénomène seront vaines.

Le Bien et le Mal

L’apparition de l’Etat Islamique dans l’espace médiatique, caractérisé par sa violence et sa barbarie affichée, a eu de multiples conséquences. Première conséquence, l’occupation très importante de l’espace médiatique lui permettant de devenir un acteur politique incontournable. Une autre conséquence, beaucoup moins discutée, est l’occultation dans la presse généraliste d’une grande partie des exactions commises par les autres factions engagées dans le conflit. C’est cette disparition et ses conséquences qui seront le sujet du billet.

Hormis les exactions et crimes de guerre commis par le régime de Bachar Al-Assad, très peu d’informations parviennent aux audiences occidentales quant aux violences et violations commises par les différents belligérants de ce conflit englobant maintenant la Syrie, l’Irak, le Liban, l’Egypte, le Yémen et bien d’autres contrées. Pourtant, plusieurs rapports ont été publiés et de nombreux articles de presse écrits pour traiter le sujet, hors, ces faits sont très peu évoqués dans les médias de masse. Dans un souci de brièveté, seuls les cas Syriens et Irakiens seront évoqués.

En Irak, l’État Islamique a su capitaliser sur un gouvernement vu comme oppressif pour la minorité Sunnite, au pouvoir sous l’ère Saddam, peuplant principalement les provinces d’Anbar, Ninive et Salah Eddine. Des manifestations ont eu lieu dans ces provinces à partir du mois de Décembre 2012, le gouvernement de Malaki y répondant par la violence avec notamment un massacre par les forces de sécurité à Hawija (51 morts) (Rapport Human Rights Watch pour l’année 2013). La situation empira jusqu’en Décembre 2013, l’EIIL à la tête d’une coalition sunnite démarra une véritable insurrection dans la province d’Anbar contre le gouvernement de Maliki. Après la victoire de l’EI à Mossoul, la situation ne changea guère, malgré le remplacement de Maliki par Abadi. Les milices Chiites ont profité de l’effondrement d’une partie de l’armée Irakienne pour prendre une part encore plus importante dans la guerre civile Irakienne, celles-ci sont réputées pour commettre des exactions violentes: tortures, massacres, mutilations de cadavres et bien d’autres actes barbares (Rapport Amnesty International). Au Kurdistan Irakien, le gouvernement central est accusé de vouloir gommer les minorités Assyriennes, Turkmènes, Yézidies au profit des Kurdes eux mêmes. Cela va de l’exclusion du processus politique (Déclaration de la commission Indépendante des Droits Humains au Kurdistan Irakien) à l’attribution de ressources aux Kurdes au détriment des autres communautés (Rapport du Haut Comité pour les Réfugiés des Nations Unies), le gouvernement  régional du Kurdistan a également tenté de favoriser des Kurdes dans la plaine de Ninive et à Kirkouk dans une tentative de « Kurdifier » ces régions.

En Syrie, où la guerre civile fait rage depuis le début de la révolte contre le gouvernement de Bachar Al-Assad en Mars 2011, pratiquement toutes les parties du conflit s’adonnent à des violations des droits humains, crimes de guerre ou au nettoyage ethnico-religieux. Les multiples violations commises par le régime Syrien sont très bien documentées, un article récent de Vanity Fair parle des dernières révélations concernant les violences du régime est disponible ici. Le camp des rebelles Syriens n’est pas en reste : exécutions sommaires, tortures, pillages, utilisation d’enfants soldats (Liste des rapports publiés par le Haut Commissaire aux Droits Humains de Nations Unies). le Gouvernement des Kurdes Syriens et notamment sa branche armée le YPG ne sont pas en reste: détention d’opposants politiques Kurdes, tortures, utilisation d’enfant soldat, exécutions sommaires (Publications d’HRW sur les exactions et sur les enfants soldats).

Dans ce contexte de violences et d’exactions commises par toutes les parties, l’Etat Islamique est en mesure de pouvoir se présenter comme un protecteur pour les populations musulmanes sunnites face aux exactions commises par les autres belligérants. Et surtout, en l’absence de pressions de la part de la communauté internationale, les adversaires de l’EI peuvent continuer leurs exactions sans trop d’inquiétudes et avec un sentiment d’impunité. Ces exactions sont connues des populations locales, la perpétuation de ce cycle de violence ne bénéficie pas au retour de la stabilité politique dans la région, elle pousse à la surenchère, et en fin de compte, alimente la stratégie de tension employée par l’Etat Islamique.

Depuis son fauteuil, le spectateur occidental est réduit a n’entendre que les agissements d’une seule partie du conflit. Cette dichotomie entre ce qui se passe sur la zone de conflit et ce que le spectateur reçoit comme information contribue à la construction d’une image entre, d’un côté, « le Mal » incarné par l’EI et « le Bien » incarné par n’importe quelle faction menant des actions hostiles contre le premier.

La question est pourquoi n’avons-nous pas une vision complète du conflit et des intérêts entre les différents belligérants ? Pourquoi des exactions sont rapportées et pas d’autres ? Sommes-nous tombés dans la facilité du sensationnalisme où il suffit de télécharger la dernière vidéo d’Al Hayat (organe de communication de l’EI) pour faire les gros titres ?

Face à tout cela, l’organisation djihadiste profite de cette vision biaisée, de son aura d’acteur fort grâce à la médiatisation de ses actions pour se présenter en véritable protecteur d’une « Oumma » Sunnite en proie aux régimes arabes, aux milices communautaires et autres acteurs violents. L’EI peut même se targuer de dévoiler les « impostures occidentales » quand  il s’agit de la différence de traitement des exactions, du soutien apporté aux régimes arabes ou de l’inaction de la communauté internationale face aux massacres.

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Je suis actuellement ingénieur dans le domaine de la défense et de la sécurité. Tout ce qui touche à ce domaine m’intéresse tout naturellement. J’ai également une passion pour l’aéronautique militaire depuis tout petit déjà !

Je suis également de très près l’actualité au Moyen-Orient et de façon un peu plus globale, celle du monde Arabo-musulman. Je suis pour ma part (très) légèrement arabisant, et si Dieu le veut, cette compétence s’améliorera de jour en jour !

Je ne promets pas de notes ou articles réguliers de ma part, mais je ferais en sorte d’avoir du travail de qualité (en tous cas au niveau orthographique et grammatical, c’est le minimum que je puisse faire), mon principal défaut étant de m’éparpiller sur un tas de sujets différents.

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